Villerest : Expérimentation visant l’amélioration de la qualité de l’eau de la zone de baignade

Le plan d’eau du barrage de Villerest, propriété de l’Etablissement qui en assure la gestion, constitue une zone d’accumulation d’eau importante (capacité maximale de + de 130 Mm3) et draine un bassin versant de quelques 6 500 km2. Il est soumis à des pressions anthropiques fortes. Depuis sa mise en service en 1985, la question de la qualité de l’eau est récurente. Les conséquents apports en nutriments dans la retenue sont responsables d’un enrichissement des eaux, pouvant se traduire par une prolifération phytoplanctonique importante (particulièrement de cyanobactéries) en saison estivale.

Dès les années 90, plusieurs expérimentations et initiatives ont été prises par l’Etablissement ainsi que par les collectivités, en matière d’assainissement, d’environnement et de sensibilisation des populations. Bien que ces actions aient permis de limiter les apports, la problématique d’eutrophisation persiste dans la retenue.

Même si les vocations premières du barrage sont celles de l’écrêtement des crues et du soutien d’étiage, tous deux assurés avec succès d’ailleurs, la prise en compte de cet ouvrage dans son environnement et le développement local est aussi un sujet d’importance pour l’Etablissement.

C’est la raison pour laquelle, il n’est pas resté inactif lorsque les saisons estivales, comme ce fut le cas ces dernières années, ont été marquées par l’impossibilité de se baigner. La dégradation de la qualité de l’eau, potentiellement accentuée par le changement climatique, affecte le tourisme local et impacte l’économie du territoire ainsi que son image.

C’est dans ce contexte que fin septembre 2018, la Mairie de Villerest, relayée par Roannais Agglomération, a sollicité l’appui de l’Etablissement, afin d‘envisager des solutions durables.

Après avoir prospecté le champ des dernières innovations et expérimentations dont la mise en œuvre pourrait être de nature à limiter la dégradation de la qualité de l’eau dans la retenue de Villerest, l’Etablissement a proposé fin octobre 2018, de s’orienter vers une technologie permettant par l’utilisation d’ultrasons, d’éliminer les algues en surface ainsi que les cyanobactéries. Déployée sur le continent nord-américain et plusieurs pays en Europe, cette solution a également été retenue en France sur plusieurs sites où elle a présenté de bons résultats.

Toutes les explications dans le communiqué de presse !

Semaine de REV (REVue de projets recherche-gestion) : restitution des journées 2019

Durant 3 jours, du 17 au 19 septembre, dans les locaux de l’Etablissement à Orléans, chercheurs et gestionnaires ont eu la possibilité d’échanger autour de projets sur le bassin de la Loire et ses affluents, et en dehors. Environs 70 personnes ont pu participer à ces échanges sur les 3 journées, on notera également la présence de plusieurs élus.

Structurées autour d’une problématique, abordée à travers les contributions complémentaires aussi bien de la communauté scientifique (Sorbonne Université, Universités de Rennes, Limoges et Clermont-Ferrand, Muséum National d’Histoire Naturelle, IRSTEA, BRGM…) que d’opérateurs (EDF, AFB, AELB,…) et acteurs (collectivités : Nantes, Roanne, Vichy…) témoignant d’actions mises en œuvre et de retours d’expérience concrets, y compris hors bassin de la Loire et ses affluents, les 3 session ont été ponctuées de très nombreux et fructueux échanges.

La première journée consacrée à la « Qualité de l’eau dans les retenues » a été l’occasion de mettre au cœur des échanges la problématique de la prolifération des cyanobactéries, aussi bien d’un point de vue préventif que curatif. Il s’agit d’un sujet pour lequel les gestionnaires et particulièrement les collectivités, sont fortement en attente d’informations, de retours d’expériences et de réflexions communes sur des pistes d’action. S’ils partagent amplement le constat et l’objectif à atteindre, chercheurs et gestionnaires peuvent parfois diverger sur les moyens d’action.

Introduction de la journée – Problématisation : Jean-François HUMBERT (Sorbonne Université)
Proliférations de cyanobactéries benthiques et risques toxiques associés : Catherine QUIBLIER (Museum National d’Histoire Naturelle)
Flux de nutriments à l’interface eau-sédiments dans les retenues : influence de la bioturbation et de l’oxygénation : Emma GOUZE et Edwige GAUTREAU (EDF)
Surveillance de la qualité des eaux sur les retenues du bassin Loire-Bretagne : quels enseignements ? Olivier COULON (Agence de l’eau Loire-Bretagne)
Qualité d’eau des retenues et moyens de lutte expérimentés contre les cyanobactéries : Luc BRIENT (Université de Rennes)
Aide à la décision basée sur un outil SIG pour la gestion des bassins versants avec la présence de barrages hydro-électriques : Stephen MIDGLEY (Université de Limoges)
Programme de recherche pour une gestion durable de la retenue du Lac d’Allier à Vichy : Joël HERBACH (Ville de Vichy)
DIVERSITOX : DIVERSIté des cyanoTOXines en milieu lacustre et impact sur la biodiversité microbienne, Delphine LATOUR (Université Clermont Auvergne)

La seconde journée tournée vers les « Eaux pluviales en gestion territorialisée » s’est notamment appuyée sur deux témoignages de collectivités du bassin (Nantes Métropole et Roannais agglomération), ainsi que sur le travail réalisé par l’Etablissement public Loire sur le ruissellement pluvial urbain, pour aborder plus largement cette question et notamment sa prise en compte dans les projets d’aménagement.

Approche technique mutualisée des problématiques du ruissellement pluvial urbain : Maxime LE SOMMER (EP Loire) et Daniel PIERLOT (SEPIA Conseil)
Retour d’expérience : déconnexion des eaux pluviales et sensibilisation au risque : Céline LAREURE (Roannaise de l’eau)
Point de vue de l’urbaniste hydrologue (partie 1partie 2) : Thierry MAYTRAUD (Agence ATM)
Retour d’expérience : zonage pluvial et cartographie des ruissellements : Christian COUTURIER (Nantes Métropole)
Pourquoi prédire les zones à ruissellement intense ? Pascal BREIL (IRSTEA)
Demandes d’urbanisme : comment les collectivités françaises instruisent le volet eaux pluviales ? Muriel FLORIAT (Association AMORCE)
Gestion intégrée des Eaux Pluviales (GIEP) : enjeux, expérimentation et réalisations : Wendy ARNOULD (Pôle DREAM Eau & Milieux)
Infiltrer les eaux pluviales, une manière efficace d’intercepter les flux de polluants urbains : Damien TEDOLDI (Ecole des Ponts Paris Tech)

La dernière journée a abordé la « Connaissance des ressources en eaux souterraines », particulièrement dans la perspective de pressions croissantes : prélèvements (25% des prélèvements en eaux douce sont issues des eaux souterraines), changement climatique (prévisions saisonnières et diminution moyenne de la recharge), pollutions diffuses et ponctuelles.

Introduction de la journée – Problématisation : Agnès DUCHARNE (Sorbonne Université)
Prévisions saisonnières des ressources en eau souterraine du bassin de la Loire avec la plateforme Aqui-FR : Claire MAGAND (AFB) et Jean-Pierre VERGNES (BRGM)
Etat des lieux 2019 : état chimique et quantitatif des eaux souterraines – évaluation technique et concertation locale : Damien GABION (Agence de l’eau Loire-Bretagne)
Zones Humides de Têtes de Bassins (ZHTB) : Frédéric PARAN (Ecole des Mines de Saint-Etienne)
CAPRICE (Approche Interdisciplinaire pour la Caractérisation des Ressources en Eau de la Chaîne des Puys) : Céline BOISSON (EP Loire)
CENERI-O (Connaissance des Echanges entre NAppes et RIvières-val d’Orléans) : Damien SALQUEBRE (BRGM) et Carine BIOT (EP Loire)
PIC’EAU (Potentialiser l’Intelligence Collective pour comprendre et valoriser les données sur l’Eau): Abel HENRIOT (BRGM)

Les présentations ci-dessus s’inscrivent dans le droit fil de celles déjà faites pour la période de référence 2014-2020 (Cf. Tableau récapitulatif).