PAS DE REPIT POUR LES BARRAGES DE NAUSSAC ET VILLEREST

Après un hiver et un début de printemps particulièrement secs, avec des niveaux d’eau très faibles comparables à un étiage estival pour certains, le barrage de Naussac, en Lozère, a dû intervenir par deux fois fin avril afin de soutenir les débits de l’Allier. Le barrage de Villerest, dans le département de la Loire, a quant à lui maintenu ponctuellement le débit au pied de l’ouvrage. Cependant, les fortes précipitations des 10 et 11 mai ont redistribué les cartes. Explications.

Le 10 mai, un épisode pluvieux venant de l’ouest s’est généralisé et accentué sur les hauts bassins de l’Allier et de la Loire. Les précipitations se sont ensuite décalées vers l’est de la France en laissant derrière elles un régime d’averses.

Un cumul de pluie supérieur à 50 mm en 24 heures a été observé sur plusieurs pluviomètres, ce qui a déclenché une alerte. Les prévisionnistes en astreinte se sont alors mobilisés à Orléans pour analyser la situation au barrage de Villerest et gérer l’ouvrage en conséquence. Celui-ci est donc passé en gestion de « Risque de crue ». Conformément à ce que prévoit le règlement d’eau de l’ouvrage dans un tel cas, la gestion a consisté à maintenir le niveau d’eau (cote) dans la retenue, en restituant à l’aval du barrage des débits équivalents à ceux arrivant de l’amont. Ainsi il s’est agi de faire transiter cette petite crue sans modifier son débit maximum de 600 m3/s (le barrage ayant vocation à écrêter les crues de débits supérieurs à 1.000 m3/s). La retenue de Villerest comptait quelque 120 millions de m3, soit le volume réglementaire en mai.
Côté Allier, le débit au niveau de Naussac est passé de 2 m3/s avant l’évènement à plus de 50 m3/s au plus fort de l’épisode. Les conditions réglementaires étant réunies, il a été possible de pomper de l’eau dans l’Allier pour augmenter le volume dans la retenue en vue de la campagne d’étiage future. Ainsi entre le 9 et 25 mai, la cote au barrage de Naussac a augmenté de plus d’1,5 m et son volume est passé d’environ 160 à 175 Mm3 (94% par rapport au remplissage maximal).

Le 1er juin, les cotes maximum réglementaires dans les retenues de Villerest et Naussac augmentent. Si les conditions météorologiques le permettent, les deux ouvrages accroîtront leurs stocks d’eau afin de conforter le soutien d’étiage de la Loire et de l’Allier, dans le but de concilier au mieux la satisfaction des usages de l’eau et les besoins des milieux naturels.


Il est par ailleurs à noter que pour anticiper les enjeux de demain face aux impacts du changement climatique et renforcer le dialogue avec les usagers bénéficiaires, l’Etablissement a réalisé une évaluation des bénéfices socio-économiques du soutien d’étiage de l’Allier et de la Loire par les barrages de Naussac et Villerest. L’année 2019, année de soutien d’étiage important, a été choisie comme référence.

L’étude a caractérisé les enjeux socio-économiques pouvant être affectés par le manque d’eau, puis évalué les bénéfices du soutien d’étiage pour chacun d’eux. Un livret de vulgarisation restitue et illustre de manière simple les différents enseignements de l’étude.