GESTION DE LA CRUE DE NOVEMBRE AU BARRAGE DE VILLEREST ET ENLEVEMENT DES EMBACLES

La Loire a connu le 20 novembre dernier une crue de type cévenole, avec de fortes précipitations sur l’ensemble de son bassin versant. Bien que l’évènement de cette année ne soit pas d’une intensité exceptionnelle dans l’histoire de l’ouvrage de Villerest, ce dernier a été amené à assurer ses fonctions d’écrêtement, ce qui n’était pas arrivé depuis 2008.

SERVICE_RENDU_VILLERESTGrâce à l’abaissement automnal prévu par le règlement d’eau du barrage, la cote de la retenue était suffisamment basse à cette période. Néanmoins, compte-tenu des prévisions météorologiques et hydrologiques, une veille permanente a été mise en place par l’Etablissement public Loire dès le 22 novembre matin. L’ « état de crue » (qui correspond à une prévision de dépassement d’un débit de 1 000 m3/s à l’entrée de la retenue) a été déclaré le jour même vers 17h soit 31 heures avant l’arrivée de la crue au barrage. Le niveau de la retenue a alors été abaissé de 2 mètres afin de maximiser la capacité de stockage dans de telles situations.

Dans ces conditions, avec des cumuls de précipitations ayant atteint plus de 150 mm sur 3 jours sur l’Ardèche, la Haute-Loire, le Lignon du Velay… la crue a atteint un pic de 1 000 m3/s à l’entrée de l’ouvrage de Villerest le 24 novembre à 0h00. Grâce à son action d’écrêtement, celui-ci a permis au plus fort de la crue, de diminuer de 200 m3/s le débit de la Loire jusqu’au bec d’Allier.

 Ouverture des 5 vannes de demi-fond du barrage de Villerest en novembre 2016

ecretement_villerestLes apports de l’Allier et du Morvan, qui ont atteint 800 m3/s, soit autant que les lâchers du barrage de Villerest, sont venus ensuite intensifier la crue sur la Loire moyenne, avec un maximum de 1 550 m3/s à Givry le 25 novembre,
1 400 m3/s à Orléans le 27 novembre.

L’écrêtement de la crue au barrage de Villerest s’est terminé dans la matinée du 24 novembre, lorsque la pluviométrie sur l’ensemble du bassin amont est redevenue faible et le débit entrant au barrage plus modéré (inférieur à 500 m3/s). A partir de ce moment-là, la gestion du barrage a alors consisté à gérer sa cote à un niveau constant. Du 24 au 30 novembre, aucune lachûre supplémentaire n’a été effectuée par le barrage. Il a transmis intégralement à l’aval les débits qui y arrivaient, jusqu’à atteindre 140 m3/s.

Le 1er décembre, conformément au règlement d’eau et dans la perspective de la prochaine campagne de soutien d’étiage, le barrage a commencé une phase de stockage afin de remonter le niveau de la retenue à la cote de 315 m NGF.
Malgré la différence en termes d’intensité entre la crue de 2008, le barrage a été confronté à une accumulation d’objets flottants en tout genre à l’amont de l’ouvrage. Ces flottants constituent de par leur quantité et leur localisation, un risque dans le cadre de l’exploitation du barrage ainsi que pour l’aval en cas de déversement. C’est la raison pour laquelle dès la fin de la crue, l’Etablissement  a procédé à une consultation afin d’extraire les matériaux de la retenue.

Le mode d’intervention de l’entreprise qui a été retenue pour effectuer les travaux a été le suivant :

  • amenée à l’aide d’un bateau pousseur des flottants vers la zone d’enlèvement située en rive droite, à l’amont immédiat du barrage,
  • extraction des flottants à l’aide d’une grue équipée d’un grappin et chargement dans des bennes,
  • ramassage manuel des bois et déchets déposés le long des berges,
  • transport des déchets (après tri sélectif) vers une filière de déchets verts pour le bois et ses dérivés, vers la décharge pour les déchets non recyclables.

Bilan de l’opération

Les travaux ont duré 32 jours – entre fin février et début avril 2017 – et ont permis d’extraire les flottants situés dans la zone comprise entre le mur du barrage et à proximité de la plage de Villerest. Afin de limiter la remise en mouvement des matériaux déposés sur les berges en cas de remontée du plan d’eau, les zones concernées dont une majeure partie se situait en face de la plage ont également été entièrement nettoyées.

A ce jour, ces travaux sont terminés. Le montant de cette opération s’élève à 93 267 € TTC. Au total, il a été extrait 375 tonnes de flottants composés à 99% de végétaux (bois et branchages) et le reste de déchets divers (emballages plastiques, polystyrènes…). A titre de comparaison, le volume extrait lors de la crue de 2008 était de 835 tonnes.

AVANT

APRES

Depuis lors, une nouvelle opération de collecte et d’évacuation d’une centaine de tonnes de flottants accumulés en plusieurs lieux de la retenue a été lancée, avec une réalisation début juillet 2017, pour un coût supplémentaire à hauteur de  55.800 €  TTC.